Baromètre européen de la conduite responsable 2015

La Fondation d’entreprise VINCI Autoroutes pour une conduite responsable et l’institut d’études Ipsos publient les résultats du 5e Baromètre de la conduite responsable, à la veille du plus important week-end de chassé-croisé des vacances d’hiver. Cette étude, lancée en 2011 et élargie à l’échelle européenne en 2014, dresse chaque année un état des lieux des habitudes de conduite et de leur évolution.

Premier constat : en matière de lutte contre la violence routière, l’optimisme prédomine mais recule 

Une majorité d’Européens (55%) considère toujours que le nombre de personnes tuées pourra encore baisser de façon très importante dans les prochaines années mais l’optimisme perd du terrain dans tous les pays déjà sondés en 2014, à l’exception de la Grande-Bretagne (51%, +2 depuis 2014). Les Français restent parmi les plus confiants quant aux progrès possibles (61%), après les Espagnols (69%) et les Belges (65%), tandis que les Allemands (42% ; -3), les Grecs (43%) et les Polonais (47%) se distinguent par leur pessimisme.

Deuxième constat : les conducteurs considèrent toujours qu’au volant, l’enfer c’est les autres

Interrogés sur leurs qualités de conducteur, les Européens s’accordent volontiers une très bonne note à titre individuel : 7,7/10 en moyenne. D’ailleurs, lorsqu’ils doivent décrire leur propre attitude au volant, la quasi-totalité des conducteurs européens emploie au moins un adjectif positif (98%) : « vigilant » (77%), « calme » (54%), « courtois » (26%). Ils ne sont que 9% à se reconnaître « stressés », 3% à se juger « agressifs » et 1% à se considérer « irresponsables ». En revanche, lorsqu’ils parlent de leurs compatriotes au volant, ils sont particulièrement sévères : ils les jugent « irresponsables » (44% des Européens, et 65% des Polonais), « stressés » (38% des Européens et 58% des Suédois), « agressifs » (30%) et même « dangereux » (26% des Européens et 40% en Grèce). 

Troisième constat : les comportements à risque progressent partout en Europe 

Parmi les attitudes dangereuses les plus répandues, on retrouve le fait de dépasser de quelques km/h la vitesse autorisée (91% des Européens) ; le non-respect des distances de sécurité (65% des Européens et 77% des Français) ; l’oubli du clignotant au moment de doubler ou changer de direction (58% des Européens) ou le fait de ne pas ralentir à proximité d’une zone de travaux (55% et 68% en Belgique). Plus inquiétant encore : 22% des Européens conduisent en oubliant de mettre leur ceinture et ce résultat monte à 49% pour les conducteurs grecs. Les Français sont, sur ce sujet, les plus disciplinés puisque 91% d’entre eux l’attachent systématiquement.

Quatrième constat : l’incivilité au volant reste une pratique commune

En effet, 56% des Européens (et 74% des Grecs) reconnaissent qu’il leur arrive d’injurier les autres conducteurs ; 47% (et 64% des Espagnols) klaxonnent de façon intempestive ; 32% collent délibérément les conducteurs qui les énervent ; tandis que 32% (et 43% des Néerlandais) doublent à droite sur autoroute. Plus rare mais également plus préoccupant, le fait de descendre de son véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur ne concerne que 15% des Européens (mais 25% des Polonais).

Cinquième constat : malgré une meilleure conscience des risques, les conducteurs se montrent peu responsables

Plus d’1 conducteur européen sur 10 (12%) avoue qu’il lui arrive de prendre le volant en étant au-dessus de la limite d’alcool autorisée sans pour autant en ressentir les effets et ce chiffre atteint même 29% en Grèce et 25% en Belgique. Un paradoxe alors qu’une grande majorité des Européens interrogés jugent que conduire en ayant bu plus que la limite autorisée est le comportement le plus risqué au volant (59%). 

Alors que l’inattention au volant (et notamment l’utilisation du téléphone portable en conduisant) est citée comme la 2e cause d’accident mortel sur les routes et la 3e sur autoroute, 51% des conducteurs européens déclarent téléphoner en conduisant avec un kit mains-libres et 35% sans kit mains-libres. En parallèle, plus d’un quart des conducteurs (26%) déclarent également envoyer ou lire des SMS ou des emails en conduisant alors qu’ils classent cette pratique en 3e position des comportements jugés les plus risqués au volant. 

Enfin, 69% des conducteurs européens pensent qu’il ne faut jamais conduire en état de fatigue. Pourtant 39% des personnes interrogées déclarent avoir déjà pris le volant alors qu’elles se sentaient fatiguées. Ces comportements ont naturellement une incidence sur l’aptitude des conducteurs au volant : un Européen sur quatre (25%) a ainsi eu l’impression de s’être assoupi durant quelques secondes au volant ; 15% d’entre eux ont empiété sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur le bas-côté de la route à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement ; et 6% reconnaissent avoir eu un accrochage ou un accident à cause de la fatigue.

 

12 Février 2015