Les conducteurs français face à leurs contradictions

Téléphone au volant, vitesse, agressivité, ceinture de sécurité : les conducteurs français ne manquent pas de contradictions dans leurs comportements sur la route. Découvrez les résultats complets de la 3ème édition du Baromètre de la conduite responsable Ipsos-Fondation VINCI Autoroutes.

01 Mars 2013

A la veille du plus important week-end de chassé-croisé des vacances d’hiver, la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable et Ipsos dressent un état des lieux des comportements et mentalités des conducteurs français. Perçoivent-ils la violence routière comme une fatalité ? Respectent-ils le code de la route ? Comment intègrent-ils les nouvelles technologies dans leur conduite ? Comment évaluent-ils le risque d’hypovigilance et dans quel état physique et psychologique prennent-ils la route ? En résumé, les conducteurs français sont-ils plus responsables qu’en 2012 ?

 

En 2013, pas plus que ces dernières années, les Français ne cèdent au fatalisme face à la violence routière. Le sentiment d’impuissance à l’égard des victimes de la route (18 %) régresse (- 5 pts depuis 2011). Volontarisme et optimisme prévalent, puisque 59 % des sondés estiment que le nombre de personnes tuées sur les routes pourra encore baisser dans des proportions importantes au cours des prochaines années.

 

Manque de lucidité ou mauvaise foi ? C’est toujours des autres que vient le danger…La faculté d’autocritique n’est pas la qualité première des automobilistes, qui qualifient leur conduite de vigilante (73 % ; + 1 pt), calme (53 % + 2 pts), non dangereuse (99 % la perçoivent comme telle) et non agressive (99 % la jugent telle). En revanche, ils perçoivent les autres conducteurs comme stressés (43 % ; + 3 pts), irresponsables (34 % ; +3 pts) et, pour 77 % d’entre eux, expriment leur peur du comportement agressif ou violent des autres sur la route.

De très nombreux conducteurs s’affranchissent des règles simples de bonne conduite qui permettent pourtant d’éviter les accidents graves. Plus d’1 conducteur sur 10 (13 %) reconnaît circuler occasionnellement sans attacher sa ceinture. 

90 % des conducteurs admettent dépasser de quelques km/h les limitations de vitesse (+ 3 pts), dont 19 % de façon fréquente. 65 % (+ 4 pts) ne respectent pas les distances de sécurité et ont tendance à coller délibérément les véhicules qui les précèdent. 42 % des conducteurs reconnaissent circuler sur la voie du milieu sur autoroute alors que la voie de droite est libre, et 18% dépasser par la droite. 42 % des automobilistes oublient de ralentir à l’approche de zones de travaux, mettant en danger la vie des « hommes en jaune ».

Alcool : « responsables », mais … La plupart des conducteurs (94 %) déclarent ne jamais prendre le volant lorsqu’ils ressentent une altération de leurs capacités due à l’alcool. Pourtant, 1 conducteur sur 5 (19 % ; 28 % parmi les hommes) ne s’interdit de prendre le volant qu’à partir de 3 verres et plus, signe d’une sous-évaluation des effets réels de l’alcool. Pire, 1 homme sur 10 avoue qu’il lui arrive de conduire en ayant conscience d’une diminution de ses facultés due à l’alcool - résultat inquiétant lorsqu’on sait qu’en France 1/3 des accidents de la route est dû à l’alcool.

Le risque d’accident ne freine pas la montée du phénomène d’hyper-connexion aux smartphones, particulièrement visible chez les jeunes. Alors que 59 % des Français se disent favorables à l’interdiction totale du téléphone portable en voiture, 48 % des moins de 35 ans téléphonent avec un kit mains libres et 36 % sans kit mains libres, alors même que cet usage est interdit. L’envoi ou la lecture de sms et mails au volant a bondi à 22 % (+ 10 pts depuis 2011) et touche même près d’1 personne sur 2 parmi les moins de 35 ans (47 % ; + 20 pts en 2 ans !). A noter enfin que 24 % des automobilistes déclarent paramétrer leur GPS en conduisant.

Le risque d’hypovigilance au volant est gravement sous-évalué, notamment chez les moins de 35 ans. Alors que 74 % des conducteurs pensent qu’il ne faut jamais conduire en état de fatigue, près de 4 conducteurs sur 10 (37 % ; 48 % chez les moins de 35 ans) reconnaissent le faire. Pire, 36 % admettent s’être déjà assoupis au volant durant quelques secondes. A la veille d’un week-end chargé de chassé-croisé, les automobilistes n’hésitent pas à adopter des comportements à risque avant un long trajet, comme de se coucher plus tard ou se lever plus tôt que d’habitude (80 % ; 86 % des moins de 35 ans), partir de nuit (63 % ; 75 % des moins de 35 ans) ou finir leurs préparatifs de départ tard dans la soirée (58 % ; 69 % des moins de 35 ans). Enfin, pendant le voyage, seul 1 conducteur sur 2 (56 %) respecte réellement la règle de la pause toutes les deux heures. Rappelons que la somnolence est la cause d’un accident mortel sur 3 sur autoroute.