Sur-confiance des conducteurs et banalisation des comportements dangereux : un climat peu propice à une baisse de l’accidentalité

A la veille du long week-end de l’Ascension, l’un des plus chargés de l’année sur les routes, la Fondation VINCI Autoroutes publie les résultats de son 16e Baromètre de la conduite responsable. Réalisée par Ipsos bva auprès de 12 100 personnes dans 11 pays européens, cette vaste enquête annuelle dresse un état des lieux des comportements et représentations des Européens au volant. Elle permet de suivre l’évolution des conduites à risque et des bonnes pratiques pour contribuer notamment à mieux orienter les messages de prévention, dans un contexte marqué par une augmentation du nombre de tués sur les routes en 2025, avec 3 600 personnes décédées[1] (+2,1 %). 

 
[1] La sécurité routière en France : bilan provisoire de l’accidentalité de l’année 2025 - ONISR

Les faits marquants de cette 16e édition du Baromètre de la conduite responsable

  • Des comportements à risque persistants qui confirment une sous-estimation des dangers : 88 % des conducteurs français déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée ; 35% déclarent qu’il leur arrive de prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués.
  • L’ultra-connectivité impacte l’attention des automobilistes au mépris de la sécurité : 
    62% téléphonent au volant et 36 % utilisent des applications pour signaler un événement aux autres.
  • L’autosatisfaction des conducteurs - « Le problème c’est les autres » : 71 % décrivent négativement le comportement des autres conducteurs alors qu’ils sont 98 % à juger positivement leur conduite.
  • Les jeunes conducteurs de 16 à 24 ans largement sur-représentés dans les comportements à risque : 
    49 % envoient et/ou lisent des SMS (vs. 29 % des conducteurs en général) ou des mails et 6 % d’entre eux conduisent en ayant consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — (vs. 2 % des conducteurs en général). Des chiffres à mettre en parallèle avec la mortalité importante des 18-24 ans sur la route (16 %[1]).


 

[1] La sécurité routière en France : bilan provisoire de l’accidentalité de l’année 2025 - ONISR

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Incivilités au volant : la crainte des autres conducteurs toujours très élevée malgré une légère amélioration des comportements

  • 87 % des conducteurs français déclarent avoir peur du comportement agressif des autres conducteurs (=) ;
  • 62 % admettent injurier d’autres conducteurs (-1 ; 49 %) ;
  • 51 % klaxonnent de façon intempestive les conducteurs qui les énervent (-3 ; 45 %) ;
  • 29 % « collent » délibérément le véhicule d’un conducteur qui les énerve (-1 ; 28 %) ;
  • 13 % descendent de leur véhicule pour s’expliquer avec un autre conducteur (= ; 17 %).

Respect du code de la route : un accommodement avec les règles, incompatible avec la sécurité de tous

  • 88 % déclarent dépasser de quelques kilomètres/heures la limitation de vitesse indiquée (-2 ; 83 %) ;
  • 66 % ne respectent pas les distances de sécurité (- 2 ; 55 %) ;
  • 45 % roulent sur la voie du milieu de l’autoroute alors que la voie de droite est libre (+2 ; 50 %) ;
  • 26 % doublent à droite sur l’autoroute (-1 ; 33 %) ;
  • 8 % n’attachent pas toujours leur ceinture de sécurité (-1 ; 17 %).

Distracteurs au volant : une augmentation préoccupante des usages qui altère l’attention des conducteurs

  • 77 % des conducteurs français utilisent leur smartphone ou programment leur GPS au volant (+2 ; 77 %) ;
  • 62 % téléphonent au volant (+1 ; 65 %). Plus d’1 conducteur sur 2 (58 %) le fait via un système de conversation Bluetooth avec haut-parleur intégré (+3 ; 58 %) et 16 % le font avec le téléphone tenu en main (-1 ; 21 %) ;
  • 29 % envoient ou lisent des SMS ou des mails en conduisant (= ; 24 %) ;
  • 81 % déclarent qu’il leur arrive de détourner le regard de la route plus de 2 secondes lorsqu’ils sont au volant (-3 ; 78 %).

Somnolence et fatigue au volant : des prises de risque aux conséquences trop sous-estimées

35 % des conducteurs français déclarent prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués 
(-4 ; 30 %).

Parmi eux :

  • 83 % reconnaissent qu’il leur arrive d’être moins attentifs à leur conduite et que leur esprit vagabonde vs. 65 % des conducteurs en général (77 % vs. 53 %) ;
  • 44 % ont déjà eu l’impression de s’assoupir au volant vs. 28 % des conducteurs en général (39 % vs. 24 %) ;
  • 35 % ne s’arrêtent jamais au cours du trajet pour faire une sieste vs. 37 % des conducteurs en général (38 % vs. 36%) ;
  • 23 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de prendre le volant en se sentant très fatigué vs. 41 % des conducteurs en général (25 % vs. 49 %). 

Alcool, drogues et médicaments : une situation particulièrement préoccupante chez les jeunes conducteurs

  • 7 % des conducteurs (5 %) ont déjà pris le volant en état d’ébriété, c’est-à-dire en étant au-dessus de la limite du taux d’alcool autorisé et en ressentant les effets de l’alcool sur leur état physique ou leur perception. Parmi eux, seulement 52 % considèrent qu’il est vraiment très dangereux de conduire en état d’ébriété vs. 85 % des conducteurs en général (44 % vs. 84%) ;
  • 8 % ont déjà conduit en ayant consommé des médicaments qui sont susceptibles d’altérer leur vigilance (-4 ; 7 %) ;
  • 6 % des 16 à 24 ans (+1 ; 4 %) conduisent après avoir consommé des drogues — cocaïne, ecstasy, etc. — vs. 2 % des conducteurs en général (2 %).

Sécurité des intervenants : la règle du corridor de sécurité plus connue et plus respectée mais le risque demeure du fait de son application trop aléatoire

  • 85 % (+ 12 vs. 2020) des conducteurs déclarent connaître la règle du corridor de sécurité. Pourtant, ils sont encore 59 % (-14 vs. 2020) à ne pas l’appliquer systématiquement ;
  • 52 % oublient de ralentir à proximité d’une zone de travaux (+2 ; 53 %).

Face aux drames liés à l’insécurité routière qui perdurent d’année en année, tous les conducteurs doivent s‘interroger sur leur propre comportement au volant. En premier lieu, les auteurs d’infractions majeures doivent mesurer les conséquences tragiques de leurs prises de risques inconsidérées mais chacun d’entre nous doit considérer que la conduite nécessite un strict respect des règles du code de la route et une pleine attention.

Bernadette Moreau

Déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes

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